Entre le début du 18ème siècle et la fin du 20ème, la production annuelle mondiale de diamants est officiellement passée de près de 50 000 carats, soit environ 10 kg à … plus de 100 millions de carats soit près de 20 tonnes !

Depuis 1870, plus de 3 000 diamants de plus de 100 carats, dont une cinquantaine de plus de 400 carats, ont été extraits des profondeurs de la terre.
Aussi, même lorsqu’ils ont reçu un nom, ces diamants de rêve ont tendance à se fondre dans un anonymat, certes relatif, puisque la plupart d’entre nous ni ne le verra, ni ne pourra en faire l’acquisition.
Alors rêvons un peu à l’évocation de 5 de ces diamants extraordinaires !

Le plus gros reste le Cullinan, découvert en 1905 dans une située près de Prétoria en Afrique du Sud. Il porte le nom du propriétaire de la mine où il fut découvert, Sir Thomas Cullinan.
Avec une masse de 3 106 carats, il pesait à lui seul plus de 620 grammes.
En 1908, Edward VII, roi d’Angleterre envoie la pierre à Asscher’s Diamond Co. à Amsterdam pour la faire couper. En février 1908, après avoir longuement étudié le diamant et fait des essais sur des répliques, Joseph Asscher en charge de la pierre, commença sa taille : au premier coup porté, ce fut le couteau d’acier qui se brisa en deux ! Il finit par cliver le diamant en trois parties : les deux plus gros morceaux donnèrent le Cullinan I et Cullinan II. Il acheva le clivage en octobre 1908. Il confia ensuite les trois morceaux au lapidaire Henri Koe.
Au total, le Cullinan, diamant incolore d’une pureté chimique exceptionnelle, fut fractionné en 9 énormes pierres principales connues sous les noms de Cullinan I à IX et en 96 brillants.

Le diamant le plus sulfureux reste le Hope.

Du nom de son premier propriétaire, Henry Philip Hope, le Hope est un diamant retaillé à partir du Bleu de France, un diamant bleu de la Couronne, de 44,52 carats et volé en 1792.
Il provient des Indes et a la réputation d’être maudit. L’histoire du diamant commence lorsqu’il est ramené en France par un voyageur, Jean-Baptiste Tavernier, qui le vend à Louis XIV.
Le Hope est le seul diamant à émettre une luminescence rouge sang après exposition aux ultraviolets. Selon la légende urbaine, il provoquerait la mort violente de tous ses possesseurs.
Cette légende, comme de nombreuses légendes, est construite à partir de bribes de vérités.

Louis XIV, qui en réalité survécut plus de quarante-cinq ans après son achat, serait mort après l’avoir porté la première fois. Mme du Barry, favorite de Louis XV l’aurait porté, ce qui l’aurait conduite à l’échafaud. Idem pour Louis XVI, Marie-Antoinette et la princesse de Lamballe, dont les têtes seront promenées au bout d’une pique !
La femme de Hope serait morte ruinée. Un prince russe qui n’a en réalité jamais existé aurait abattu sa maîtresse le soir du jour où il lui offrit le diamant maudit. Il aurait ensuite été poignardé.
Le sultan Abdülhamid I, mort en réalité en 1918, neuf ans après avoir été renversé, aurait péri par la faute du Hope dans une révolution.
Et la liste des fausses rumeurs ne s’arrête pas là : le milliardaire McLean aurait péri dans le naufrage du Titanic, son fils aurait été écrasé à New York et sa fille se serait suicidée.
Puis le Hope disparaît non sans avoir fait auparavant assassiner une actrice !

Le plus beau diamant, le régent

Le plus beau, sans doute le Régent, avec un coussin de 140,5 carats mais qui à l’origine était une pierre de plus de 400 carats.
Ce diamant aurait été découvert en 1698 et son achat pour 19 200 livres fut négocié en 1701 par Pitt, Gouverneur de Madras, à un marchand indien qui le possédait de façon plus ou moins légale, tout diamant de plus de 10 carats appartenant de droit au souverain.
Pitt envoya son fils à Londres en 1702 pour faire tailler le diamant par le joaillier Harris, qui mit deux ans à effectuer ce travail. Il le proposa ensuite à tous les souverains d’Europe, qui le refusèrent tous, effrayés par son prix. Poussé par Saint-Simon, Philippe d’Orléans, alors régent de France, l’acquit en 1717 pour 135 000 livres sterling qui, avec les intérêts versés jusqu’à la fin du règlement, devinrent près de 4,57 millions de nos euros !
Le Régent est volé en septembre 1792, puis retrouvé, puis mis en gage en août 1797 chez un banquier hollandais, afin d’équiper la cavalerie française.
Dégagé le 22 juin 1801 par le Consulat, le Régent est considéré comme talisman par Napoléon, qui le fait sertir sur la garde de son épée de parade, puis sur celle de l’épée du sacre de 1804. Puis enfin sur le pommeau du glaive impérial de 1812.
Emporté par Marie-Louise en fuite le 29 mars 1814, il est rendu à Louis XVIII dès le 11 avril 1814. Il fut ensuite serti sur la couronne du sacre de Charles X, puis en pierre amovible sur un bandeau de l’impératrice Eugénie.
Le Régent est aujourd’hui conservé au Louvre où il n’est plus visible depuis quelques années. Son retour est prévu en 2012/2013.

Le diamant le plus gravé, le Chah.

Le Chah est un prisme carré de 88 carats, et c’est ce diamant est l’un des plus gravés au monde. Trois de ses faces portent le nom de ses propriétaires successifs : Bourkhan Nizam Chah II, le fils de Djahanguir, Chahdjahan et Qadjar Fath Ali Chah.
En 1828, l’ambassadeur de Russie en Perse fut assassiné au cours d’une émeute. En guise de réparation, le Chah fut offert au tsar Nicolas Ier.
Il est aujourd’hui conservé au Fonds diamantaire de Russie au Kremlin.
Le seul volontairement détruit, le Pigot.

Le Pigot,également appelé le diamant brisé, aujourd’hui disparu et parfois identifié comme étant le Spoonmaker, était un diamant de taille ovale de 187,45 carat.
C’est en 1763 qu’il est offert par un prince indien à George Pigot, gourverneur anglais de Madras. A sa mort, en 1777, le Pigot est vendu, puis, après quelques pérégrinations, il aurait été acquis en 1818 pour 30 000 livres sterling par Ali pacha de Ioannina. Ali, surnommé le lion de Ionnina, tentait en fait d’échapper à la domination du sultan de Constantinople.
Après deux ans de siège, Ali, mortellement blessé, en 1822, ordonna à son aide de camp de détruire ses deux plus précieux trésors : son épouse et son diamant !
Il vécut assez pour voir briser son diamant devant lui, mais mourut avant que son épouse ne soit tuée, ce qui la sauva. Le diamant fut-il réellement détruit ? La légende prétend que l’aide de camp et l’épouse de Ali Pacha n’eurent ensuite aucun problème financier !
Le diamant alimente les mythes de la petite et de la grande histoire tout au long des générations. Ces légendes attachées à ces diamants d’exception font partie intégrante de la transmission qu’ils accompagnent.

C’est maintenant à vous de continuer à construire votre histoire. D’une petite ou grande pierre, balisez votre vie d’un diamant pour marquer votre passage et commencez à l’écrire dès aujourd’hui ! »